Un colon reconnu coupable du meurtre d'une famille palestinienne
mai 20, 2020 Par sexe2 0

Un colon reconnu coupable du meurtre d’une famille palestinienne

Amiram Ben-Ouliel 18 mai à la cour de Lod, Israël.
Amiram Ben-Ouliel 18 mai à la cour de Lod, Israël. REUTERS

L’opinion publique embrasse depuis longtemps ce drame emblématique du «terrorisme juif» propre à Israël, mais la justice progresse à son rythme. Lundi 18 mai, un tribunal de district de Lod (centre) a condamné Amiram Ben-Ouliel, un colon de 25 ans, au meurtre, en juillet 2015, un enfant palestinien de 18 mois, Ali Dawabcheh, et ses parents, Riham et Saad, dans le village de Douma, dans le nord de la Cisjordanie. Il risque sa vie et peut faire appel devant la Cour suprême.

Le voyage du meurtrier en dit long sur les divisions des colons au sujet de leurs enfants les plus fanatiques. Amiram Ben-Ouliel est le fils aîné d’un rabbin qui vit dans une « colonie » près d’Hébron, qui organise un programme préparatoire au service militaire pour les jeunes religieux sionistes. Un homme respecté dont le fils, en dehors de l’école, laisse graviter vers les « avant-postes » du nord de la Cisjordanie, occupés par la victoire militaire de 1967. Il se dissout, puis se marie dans le mouvement des « jeunes des collines », partisans de la souveraineté juive sur tous la terre biblique.

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Les armements de ces cent jeunes très violents, hostiles à l’Etat, sont suivis de près par un millier de militants intégrés, qui se font entendre dans les colonies. Amiram Ben-Ouliel sort avec Meir Ettinger, petit-fils du rabbin Meir Kahane, décédé en 1990, ancien député et créateur du parti raciste Kach, banni tardivement par les autorités. Amiram Ben-Ouliel n’a jamais fait l’objet d’une enquête de renseignement. À l’été 2015, il vit dans un bus de la colonie Adei Ad, sur une colline au-dessus de Douma.

Cette nuit-là, vers 4 heures du matin, il a brisé la fenêtre d’une maison périphérique et a jeté plusieurs engins incendiaires à l’intérieur. Le garçon, Ali Saad, est tué. Son père est décédé des suites de ses blessures un mois plus tard et sa mère est décédée en septembre. Le frère aîné Ahmed, 4 ans, survit à ses blessures après un long traitement.

Indignation générale

Cette attaque fait partie d’une série récente, notamment le meurtre d’un participant au défilé de la Gay Pride de Jérusalem. L’indignation est générale. «Ce fut un tournant. Les méthodes d’interrogatoire utilisées par le Shin Bet [le service de renseignement intérieur] Les terroristes palestiniens n’étaient donc pas contre les juifs. Nous lisons rarement le mot « terrorisme juif » dans les journaux « , note un ancien chef du Shin Bet, Ami Ayalon. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu promet une sévérité exemplaire.

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