avril 3, 2020 Par sexe2 0

Éclosion importante de la communauté d’oreillons au Manitoba (Canada) entre septembre 2016 et décembre 2018, RMTC 46 (4)

résumé

contexte: Après l’introduction des programmes de vaccination systématique contre les oreillons au Manitoba à la fin des années 1980, le taux d’incidence était faible, zéro ou neuf cas étant enregistrés chaque année. En septembre 2016, une éclosion d’oreillons s’est produite chez des étudiants universitaires entièrement vaccinés à Winnipeg, au Manitoba.

objectifs: Nous décrivons ici les investigations sur cette épidémie provinciale d’oreillons entre septembre 2016 et décembre 2018. Nous présentons également en détail les mesures de santé publique mises en place et les difficultés rencontrées. Enfin, nous précisons les facteurs qui peuvent avoir contribué à la transmission prolongée du virus.

méthodes: Les cas probables et confirmés d’oreillons ont été étudiés par les services de santé publique à l’aide du formulaire d’enquête développé pour cette flambée. Les cas confirmés d’oreillons ont été liés au registre provincial de vaccination. Une équipe d’intervention en cas d’éclosion a planifié et mis en œuvre des mesures de contrôle dans toute la province.

résultats: L’épidémie s’est produite chez des étudiants universitaires vaccinés en septembre 2016, puis s’est propagée dans toute la province. L’activité était élevée et soutenue dans les régions reculées du Nord. Fin 2018, 2223 cas avaient été confirmés. Tous les groupes d’âge ont été touchés et l’incidence était plus élevée chez les personnes âgées de 18 à 29 ans. Le taux de couverture des cas confirmés avec l’administration de deux doses du vaccin antiourlien était proche de 70%.

conclusion: Cette flambée prolongée a mis à nu une population importante, dont la vulnérabilité provenait probablement d’une sous-vaccination et d’une baisse de l’immunité conférée par la vaccination en l’absence de stimulation naturelle résultant de l’exposition au virus. Oreillons. Il est important de maintenir un taux de couverture vaccinale élevé avec deux doses du vaccin contre les oreillons. La possibilité d’une troisième dose du vaccin contre les oreillons pourrait être envisagée lors de futures éclosions.

introduction

Les oreillons sont une maladie causée par le virus des oreillons, qui appartient à la famille des Paramyxoviridae. Les symptômes d’une infection d’oreillons comprennent la fièvre, les maux de tête et l’enflure et la sensibilité caractéristiques de la glande parotide ou d’autres glandes salivaires. La méningite aseptique, l’encéphalite, l’orchite, l’ophorite, la surdité et la pancréatite sont des complications rares dues à une infection par oreillonspage de note de bas de page 1page de note de bas de page 2page de note de bas de page 3. Au Manitoba, les cas confirmés et probables de laboratoire doivent être déclarés à Santé Manitoba, aux aînés et à la vie active (SAVAM) conformément à Loi sur la santé publique du Manitobapage de note de bas de page 4.

L’administration d’une dose unique de vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) chez les bébés de 12 mois a été ajoutée au calendrier de vaccination systématique des nourrissons au Manitoba en 1983. L’administration d’une deuxième dose de vaccin ROR par les enfants de 4 à 6 ans ont été ajoutés au calendrier de vaccination systématique 1996page de note de bas de page 5. Ces pratiques sont conformes à la dernière recommandation formulée par le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) en 2007 concernant le vaccin contre le virus des oreillons. Après avoir étudié les éclosions d’oreillons au Canada et dans le monde, le CCNI a recommandé l’administration ordinaire de deux doses du vaccin contre les oreillons chez les nourrissons et les enfants, ainsi que chez certains groupes d’adultes à risque élevé, y compris les élèves des écoles secondaires et postsecondaires. -secondaires, personnel militaire e santépage de note de bas de page 6.

L’incidence des oreillons était constamment faible au Manitoba, avec zéro ou neuf cas enregistrés chaque année entre 2000 et 2015 ou, en moyenne, 0,3 cas par 100 000 personnespage de note de bas de page 7. La maladie affecte principalement les 18 à 45 ans. Le taux d’incidence moyen des oreillons au Canada était de 0,3 cas pour 100 000 habitants entre 2011 et 2015page de note de bas de page 8.

Le 18 octobre 2016, les services de surveillance de routine ont détecté une série de six cas d’oreillons présentant des symptômes qui se sont développés entre le 25 septembre et le 12 octobre 2016 à Winnipeg, la capitale du Manitoba. Ils étaient six étudiants de l’Université du Manitoba âgés de 18 à 24 ans. Trois d’entre eux étaient membres d’équipes sportives universitaires. Tous ces étudiants avaient reçu deux doses du vaccin ROR dans leur enfance avec des preuves à l’appui. SAVAM a signalé une épidémie d’oreillons et a créé une équipe d’intervention en cas d’épidémie le même jour. Cinq bureaux régionaux de la santé fournissent des services de santé dans les cinq régions géographiques financées géographiquement au Manitoba: une région urbaine, l’Office régional de la santé de Winnipeg et quatre régions rurales, l’Office régional de la santé. Entre-les-Lacs et de l’Est, Southern Health-Santé Sud, Prairie Mountain Health et l’Office régional de la santé de nordpage de note de bas de page 9. Toutes les régies régionales de la santé se sont jointes à l’équipe d’intervention.

Dans ce rapport, nous décrivons les enquêtes sur cette éclosion provinciale d’oreillons entre septembre 2016 et décembre 2018. Nous présentons également en détail les mesures de santé publique mises en place et les difficultés rencontrées. Enfin, nous précisons les facteurs qui peuvent avoir contribué à la transmission prolongée du virus.

méthodes

Une éclosion provinciale d’oreillons a été déclarée le 18 octobre 2016 et sa conclusion a été confirmée le 31 décembre 2018, lorsque les niveaux d’activité sont revenus à la normale. Cette éclosion s’est produite parmi une population universitaire, mais s’est rapidement propagée à un niveau soutenu dans toute la province. L’équipe d’intervention en cas d’épidémie a planifié et mis en œuvre des mesures de contrôle, notamment la traçabilité rapide des contacts, la recommandation d’auto-isolement après l’apparition des symptômes, la communication (y compris la diffusion de documentation pédagogique) et la mise à la disposition des contacts du vaccin ROR réceptif.

Enquête épidémiologique

Les définitions de cas ont été tirées du protocole provincial de gestion des maladies transmissibles pour oreillonspage de note de bas de page 10. Un cas probable a été caractérisé par l’apparition de symptômes compatibles avec les oreillons (apparition soudaine d’un gonflement unilatéral ou bilatéral, résolution douloureuse et spontanée de la glande parotide ou d’une autre glande salivaire) pendant deux jours ou plus, et ce, après ou après après 1st Septembre 2016. Un cas confirmé a été caractérisé par la confirmation en laboratoire d’une infection récente par les oreillons dans un cas probable ou un cas probable qui a un lien épidémiologique avec un cas confirmé en laboratoire et en l’absence d’une administration récente de vaccin contenant le virus des oreillons. Le protocole de gestion des maladies transmissibles de SAVAM recommande aux enquêteurs de consulter la version actuelle du Guide canadien d’immunisation pour connaître les réactions et les moments spécifiques de chaque groupe d’âge, déterminant ainsi si les symptômes peuvent être attribuables à l’administration. du vaccin contre les oreillons.

Un formulaire d’enquête épidémique a été développé pour recueillir des informations sur les caractéristiques démographiques, la profession, les symptômes, les complications et la gravité, le statut vaccinal et les activités menées pendant la période d’incubation (douze à vingt-cinq jours avant le début des oreillons) et la période de transmissibilité (sept jours avant et jusqu’à cinq jours après le début des oreillons). Les autorités sanitaires régionales ont immédiatement lancé une enquête sur l’épidémie et mis en œuvre des mesures de contrôle. Les infirmières régionales de santé publique ont interviewé les personnes concernées et rempli les formulaires d’enquête avant de les envoyer au SAVAM.

SAVAM a coordonné les activités de collecte et d’enregistrement des données. Des informations générales sur tous les rapports de cas d’oreillons ont été incluses dans la base de données de surveillance de routine. Une base de données spécifique aux flambées a été créée pour enregistrer les informations des formulaires d’enquête sur les flambées. En raison du nombre élevé de déclarations de cas d’oreillons, seuls les cas confirmés ont été enregistrés dans la base de données. Les cas confirmés ont été liés au registre provincial de vaccination pour calculer le taux de couverture des vaccinations. Nous avons entrepris une analyse descriptive pour déterminer les caractéristiques épidémiologiques et géographiques de l’épidémie. L’appariement et l’analyse des données ont été effectués à l’aide du SAS Enterprise Guide, version 7.1 (SAS Institute Inc., Gary, Northern California, États-Unis).

Analyse en laboratoire

Le laboratoire provincial de Cadham à Winnipeg a effectué des tests cliniques standard sur des échantillons, y compris des tests pour détecter des anticorps contre l’immunoglobine M (IgM) et l’immunoglobine G (IgB) contre le virus des oreillons dans des échantillons de la phase aiguë et de la phase de convalescence à distance d’environ sept à dix jours; tests pour détecter l’acide ribonucléique dans le virus des oreillons par transcription inverse suivie d’une réaction en chaîne par polymérase (RT-PCR); et des tests pour isoler le virus des oreillons d’un milieu de culture. Des échantillons de culture positifs ont été envoyés au Laboratoire national de microbiologie (LNM) pour génotypage viral.

Couverture vaccinale

Les données sur la vaccination ont été extraites du registre provincial de vaccination de la population par le Système de gestion de l’information sur la santé publique (PIMS). Ce registre a été établi en 1988 pour enregistrer les vaccinations des personnes nées au Manitoba depuis le 1erst Janvier 1980. Les vaccinations effectuées à l’extérieur du Manitoba ne sont pas documentées sans pièce justificative officielle. Par conséquent, les dossiers de vaccination sont généralement plus complets pour les personnes de moins de trente ans ou nées après 1986 qui ont grandi au Manitoba.

interventions

Les mesures de contrôle comprenaient la traçabilité rapide des contacts, les infirmières régionales de santé publique étant responsables du traitement des cas et des contacts. L’auto-isolement pendant cinq jours après le début des symptômes a été recommandé pour les cas symptomatiques. Les contacts susceptibles d’avoir été exposés pendant la période de transmissibilité ont été informés. Ils ont également été informés des oreillons, en particulier des premiers signes et symptômes de la maladie, et ont été invités à consulter un professionnel de la santé si ces symptômes se manifestaient.

Le vaccin ROR a été proposé à des contacts réceptifs (personnes nées entre 1970 et 1984 qui n’ont reçu officiellement aucune dose de vaccin contre les oreillons et personnes nées après 1984 qui ont officiellement reçu moins de deux doses) selon les critères d’admissibilitépage de note de bas de page 11 du Manitoba et la dernière recommandation du CCNIpage de note de bas de page 6. Les établissements de santé ont été encouragés à assurer la vaccination de tout le personnel. Des séances de vaccination pour le personnel et les détenus ont eu lieu dans des établissements de correction affectés par des cas d’oreillons.

SAVAM a distribué de la documentation pédagogique aux universités, aux écoles et au grand public. Une série de lettres a été envoyée aux universités, aux écoles, aux jardins d’enfants et aux organisations sportives du Manitoba pour sensibiliser le public. SAVAM a également répondu aux demandes des médias et publié des communiqués de presse pour mettre à jour l’épidémie et souligner l’importance de la vaccination. Des mises à jour hebdomadaires ont été publiées sur un site Web public géré par SAVAM. Les lettres ont été envoyées aux professionnels de la santé pour orienter les pratiques de prévention et de contrôle. SAVAM a émis des avertissements de santé publique par le biais du Réseau canadien de renseignements sur la santé publique (RCISP) pour alerter ses homologues provinciaux et fédéraux de la santé publique.

En janvier 2018, l’équipe d’intervention en cas d’épidémie a envisagé d’offrir une troisième dose du vaccin ROR dans la région des autorités sanitaires régionales après la publication par le Comité consultatif américain de l’immunisation (ACIP). recommandationspage de note de bas de page 12. La Northern Regional Health Authority fournit des services à environ 75 000 résidents du nord du Manitoba, la moins peuplée des cinq régions de la province, mais avec la plus grande zone géographique. De nombreux résidents vivent dans des communautés isolées et isolées, dont certaines ne sont accessibles que par air ou par eau. SAVAM a décidé de ne pas recommander l’administration d’une troisième dose du vaccin ROR en raison de la faisabilité opérationnelle de cette mesure dans les régions du nord. Le virus circulant dans la zone depuis un certain temps, il n’a pas été possible de définir une population éligible qui recevrait une troisième dose.

résultats

Épidémiologie descriptive

Cette éclosion d’oreillons s’est produite chez des étudiants de niveau collégial de la région de l’Office régional de la santé de Winnipeg. Cette région abrite environ 57% des 1,4 million d’habitants du Manitoba. Trois pics au cours des premiers mois de l’épidémie correspondent à trois événements d’exposition importants: de nombreuses célébrations de retrouvailles à l’Université du Manitoba (19-25 septembre 2016); Week-end d’action de grâce (8-10 octobre), durant lequel les personnes infectieuses pouvaient voyager; et Halloween (31 octobre) (figure 1a). Pendant cette période, les personnes touchées étaient des jeunes adultes de Winnipeg ayant des liens avec les universités, les écoles, les événements sportifs ou les vacances.

Figure 1a: Cas confirmés d’oreillons (N = 65) par date de début des symptômes et par région sociosanitaire au Manitoba du 25 septembre au 26 novembre 2016

Figure 1a: Cas confirmés d'oreillons (N = 65) selon la date d'apparition des symptômes et la région sanitaire, Manitoba, du 25 septembre au 26 novembre 2016

Description textuelle: Figure 1a

Figure 1a: Cas confirmés d’oreillons (N = 65) par date de début des symptômes et par région sociosanitaire au Manitoba du 25 septembre au 26 novembre 2016

Figure 1a: Cas confirmés d’oreillons (N = 65) selon la date de début des symptômes et la région médicale, Manitoba, du 25 septembre au 26 novembre 2016

Mois en 2016 Nombre de cas confirmés Office régional de la santé de Winnipeg Prairie Mountain Health Southern Health-Santé Sud Santé régionale Interlake-Eastern
septembre 25 1 0 0 0
27 0 0 0 0
29 0 0 0 0
octobre 1 0 0 0 0
3 1 0 0 0
5 0 0 0 0
7 1 0 0 0
9 3 1 0 0
11 3 0 0 0
13 2 0 0 0
15 1 0 0 0
17 2 0 0 0
19 1 0 1 0
21 2 0 0 0
23 3 0 0 1
25 4 1 0 0
27 5 0 0 0
29 4 0 0 0
31 4 0 0 0
novembre 2 2 0 0 0
4 0 0 0 0
6 0 0 0 0
8 1 0 1 0
10 1 0 0 0
12 2 0 0 0
14 4 0 0 0
16 6 0 0 0
18 3 0 0 1
20 0 0 1 0
22 2 0 0 0
24 0 0 0 0

Plus de 80% des étudiants universitaires nés au Manitoba ont reçu deux doses de vaccin contre le virus des oreillons (données non présentées).

Fin novembre 2016, l’épidémie s’était propagée à trois régions sanitaires rurales, à savoir la région du bureau régional de santé d’Entre-les-Lacs et de l’Est, la région Southern Health-Santé Sud et la région Prairie Mountain Health Region ainsi que les établissements correctionnels situés dans ces régions. En janvier 2017, l’épidémie s’était propagée à la région la plus rurale du Manitoba, celle de la Northern Regional Health Authority. Le nombre de cas d’oreillons dans cette région a continué d’augmenter tout au long de l’année, atteignant un pic à la mi-septembre 2017. Comparé à d’autres régions sociosanitaires, le taux de morbidité associé aux oreillons dans la zone de l’autorité sanitaire régionale de la Le nord était élevé et soutenu. Malgré l’isolement géographique des communautés, l’épidémie a continué de se propager dans toute la région, atteignant le point d’infecter près de 2% de sa population.

Après septembre 2017, le nombre de cas d’oreillons au Manitoba a commencé à diminuer, principalement en raison de la diminution des cas dans la région de la Northern Regional Health Authority. SAVAM a annoncé la fin de l’épidémie fin 2018, lorsqu’il est devenu clair que le niveau d’activité du virus était revenu à la normale (figure 1b).

Figure 1b: Cas confirmés d’oreillons (N = 2,223) par mois d’apparition des symptômes et par région sociosanitaire au Manitoba entre septembre 2016 et décembre 2018

Figure 1b: Cas confirmés d'oreillons (N = 2223) par mois d'apparition des symptômes et par région sociosanitaire, au Manitoba, entre septembre 2016 et décembre 2018

Description textuelle: Figure 1b

Figure 1b: Cas confirmés d’oreillons (N = 2,223) par mois d’apparition des symptômes et par région sociosanitaire au Manitoba entre septembre 2016 et décembre 2018

Figure 1b: Cas confirmés d’oreillons (N = 2223) par mois d’apparition des symptômes et par région médicale, au Manitoba, de septembre 2016 à décembre 2018

année mois Winnipeg Interlake et orientale Prairie Mountain Health Southern Health-Santé Sud nord Nombre total de cas
2016 août 0 0 0 0 0
septembre 1 0 0 0 0 1
octobre 33 1 2 1 0 37
novembre 28 1 0 3 0 32
décembre 33 3 0 9 1 46
2017 janvier 14 8 7 22 11 62
février 20 6 14 10 14 64
Mars 23 8 31 5 54 121
avril 9 21 2 4 92 128
mai 7 20 6 2 91 126
juin 6 4 9 3 90 112
juillet 6 4 1 1 126 138
août 10 1 8 7 152 178
septembre 21 1 11 9 166 208
octobre 17 0 5 2 168 192
novembre 22 2 2 6 128 160
décembre 17 1 1 2 103 124
2018 janvier 14 1 3 2 104 124
février 12 0 0 0 80 92
Mars 10 0 0 4 65 79
avril 26 0 1 1 48 76
mai 20 1 1 2 42 66
juin 12 0 0 1 20 33
juillet 3 0 0 0 8 11
août 0 2 0 0 2 4
septembre 3 0 0 1 0 4
octobre 1 0 0 0 1 2
novembre 1 0 0 0 0 1
décembre 1 0 0 1 0 2
total 370 85 104 98 1566 2223

L’enquête épidémique a confirmé 2 223 cas d’oreillons (1,6 cas pour 1 000 personnes). De ces 2 223 cas d’oreillons, 1 566 (70,4%) ont été signalés dans la région du Bureau régional de santé du Nord et 370 (16,6%) dans la région du Bureau régional de santé de Winnipeg. Les femmes représentaient 48,8% (n = 1 084) de tous les cas provinciaux (tableau 1).

Tableau 1: caractéristiques des cas d’oreillons confirmés par la régie régionale de la santé, au Manitoba, Canada, entre septembre 2016 et décembre 2018

caractéristiques Bureau régional de la santé total
nord Winnipeg Prairie de montagne Southern Health-Santé Sud Entre les lacs et l’est
choc accumulénote il a du tableau 1 20.4 0,5 0,6 0,5 0,7 1.6
Cas (nombre) 1566 370 104 98 85 2223
  • Pourcentage du nombre total de cas
70,4 16.6 4.7 4.4 3.8 100
Femme (nombre) 809 164 40 28 43 1084
51,7 44,3 38,5 28.6 50,6 48,8
Âge moyen (années) 26 24 26 24 27 25
15 18 19 18 18 17
36 33 36 38 40 36
pas vaccinéenote B du tableau 1 (Nombre) 51 20 3 5 4 83
5.9 11.4 6.4 10,9 8.3 7
en partie vaccinéenote c du tableau 1 (Nombre) 200 42 10 9 17 278
23,1 24 21.3 19.6 35,4 23.5
complètement vaccinéenote du tableau 1 (Nombre) 616 113 34 32 27 822
71 64,6 72,3 69,6 56,3 69,5

Dans l’ensemble, l’incidence était plus élevée (3,4 cas pour 1 000 personnes) chez les 18-29 ans (figure 2). Dans la région de la North Health Health Authority, l’incidence chez les personnes âgées de 30 à 45 ans (32,5 cas pour 1000 personnes) était similaire à celle des personnes âgées de 18 à 29 ans (32 cas pour 1000 personnes) gens). L’incidence dans la région de la North Health Health Authority (20,4 cas pour 1 000 habitants) était significativement plus élevée que dans toutes les autres régions (0,5 à 0,7 cas pour 1 000 habitants).

Figure 2: Taux d’incidence cumulé des cas d’oreillons pour 1000 personnes, par groupe d’âge et régie régionale de la santé, Manitoba, Canada, entre septembre 2016 et décembre 2018

Figure 2: Taux d'incidence cumulé des cas d'oreillons pour 1000 personnes, par groupe d'âge et régie régionale de la santé, Manitoba, Canada, entre septembre 2016 et décembre 2018

Description textuelle: Figure 2

Figure 2: Taux d’incidence cumulé des cas d’oreillons pour 1000 personnes, par groupe d’âge et régie régionale de la santé, Manitoba, Canada, entre septembre 2016 et décembre 2018

Figure 2: Taux d’incidence cumulé pour 1000 cas d’oreillons par âge et par région sanitaire, Manitoba, Canada, septembre 2016 – décembre 2018

Bureau régional de la santé Tranche d’âge (années) taux
Interlake et orientale De 0 à 4 0,4
Interlake et orientale 5 à 17 0,7
Interlake et orientale 18 à 29 1.9
Interlake et orientale 30 à 45 0,9
Interlake et orientale 46 ans et plus 0,2
nord De 0 à 4 5.6
nord 5 à 17 22.8
nord 18 à 29 32,0
nord 30 à 45 32.5
nord 46 ans et plus 7.0
Prairie Mountain Health De 0 à 4 0,2
Prairie Mountain Health 5 à 17 0,5
Prairie Mountain Health 18 à 29 1.7
Prairie Mountain Health 30 à 45 1.0
Prairie Mountain Health 46 ans et plus 0,1
Southern Health-Santé Sud De 0 à 4 0,3
Southern Health-Santé Sud 5 à 17 0,4
Southern Health-Santé Sud 18 à 29 1.1
Southern Health-Santé Sud 30 à 45 0,7
Southern Health-Santé Sud 46 ans et plus 0,1
Winnipeg De 0 à 4 0,3
Winnipeg 5 à 17 0,6
Winnipeg 18 à 29 1.3
Winnipeg 30 à 45 0,5
Winnipeg 46 ans et plus 0,1

Un cas d’orchite et un cas de méningite, probablement dus à une infection des oreillons, ont été signalés au SAVAM. Aucun décès n’a été signalé.

Résultats de laboratoire

La plupart des cas confirmés (97,1%) ont été confirmés en laboratoire, dont 87,8% avec la technique RT-PCR, 9,2% pour la sérologie et 0,1% pour la culture virale. De plus, 2,8% des cas de patients symptomatiques ont été confirmés par l’existence d’un lien épidémiologique avec des cas confirmés en laboratoire.

Les échantillons ont d’abord été envoyés au LNM pour génotypage. Une fois que le nombre d’échantillons a dépassé la capacité du LNM, environ 10% des échantillons sélectionnés au hasard ont été cultivés et génotypés. Sur ces 243 spécimens, 229 (94,2%) se sont révélés être le génotype G, le génotype endémique du virus des oreillons circulant au Canada et États-Unispage de note de bas de page 12. Les échantillons restants ne peuvent pas être séquencés.

Situation de vaccination

L’historique des vaccinations des personnes de moins de 30 ans qui vivaient au Manitoba depuis leur naissance était disponible dans le registre provincial de vaccination de la population. Selon le registre, sur les 1 183 (53,2%) personnes âgées de 5 à 29 ans qui ont droit à deux doses du vaccin contre le virus des oreillons au Manitoba et qui se sont inscrites au SAVAM avant l’âge de deux mois, 822 ( 69,5%) avaient reçu au moins deux doses (tableau 1). Le taux de couverture des cas d’oreillons avec l’administration de deux doses du vaccin contre les oreillons variait de 56,3% dans l’Entre-les-Lacs et la région de l’Est à 72,3% dans la région des montagnes des Prairies. Parmi les 822 personnes qui ont reçu au moins deux doses du vaccin contre les oreillons, l’intervalle médian entre la dernière administration de dose et le début des symptômes était de 11,3 ans.

discussion

SAVAM a mené une enquête sur une éclosion d’oreillons qui a frappé la province entre septembre 2016 et décembre 2018. Selon la division de surveillance et d’épidémiologie de l’Agence de la santé publique du Canada, en janvier 2019, il s’agissait de la plus grande éclosion Le Canada n’en a jamais vu au cours des 20 dernières années, compte tenu du nombre de cas signalés. Cette éclosion s’est produite chez des étudiants de niveau collégial ayant une couverture immunitaire élevée, deux doses du vaccin contre les oreillons, puis s’est propagée à d’autres collectivités du Manitoba, vraisemblablement lors d’événements sociaux. Le niveau d’activité était particulièrement élevé et soutenu dans la région de l’Office régional de la santé du Nord, la région la plus rurale du Manitoba avec de nombreuses collectivités isolées.

L’épidémie a révélé une grande population sensible malgré la disponibilité d’un programme de vaccination contre les oreillons financé par l’État au cours des 30 dernières années. Les faibles taux de couverture vaccinale contre les oreillons ont probablement contribué à cette flambée, bien que l’ampleur de cette contribution varie d’une région à l’autre. La couverture du vaccin contre les oreillons du Manitoba demeure inférieure au taux de 92% nécessaire pour maintenir et maintenir l’immunité collectifpage de note de bas de page 13. Selon le registre provincial des vaccinations, en 2017, 90% des jeunes de 17 ans qui vivaient au Manitoba sans interruption depuis la naissance ont reçu deux doses du vaccin contre le virus des oreillons, comparativement à 31% des jeunes de 17 ans n’ayant pas vécu au Manitoba de manière continue depuis leur naissance, une situation qui s’explique en partie par le caractère incomplet des données du registre sur les résidents qui ne sont pas nés au ManitobaNote de bas de page 14.

Les personnes touchées étaient notamment de jeunes adultes vaccinés, ce qui laisse croire que la baisse de l’immunité conférée par la vaccination a sans doute contribué à cette éclosion. Près de trois quarts (70%) des personnes dont les données de vaccination étaient consignées dans le registre provincial étaient totalement immunisées. Cependant, dans le cas des personnes qui se sont vu administrer, preuves à l’appui, au moins deux doses du vaccin contenant le virus des oreillons, une durée médiane de plus de onze années écoulées depuis l’administration de la dernière dose. Cela concorde avec les autres rapports faisant état d’une baisse de l’immunité conférée par la vaccination contre les OreillonsNote de bas de page 15Note de bas de page 16Note de bas de page 17.

Cette baisse de l’immunité pourrait être imputable à l’absence de stimulation naturelle résultant d’une exposition au virus sauvage des OreillonsNote de bas de page 18Note de bas de page 19. Contrairement aux autres provinces et territoires canadiens qui signalent des éclosions d’orillons de moindre envergure depuis les années 1980, les signaux de cas d’orillons ont toujours été rares au ManitobaNote de bas de page 7. Dans le Nord manitobain, où la densité de population est faible et la couverture vaccinale élevée, la stimulation naturelle résultant d’une exposition au virus a encore moins de chance de futur que dans les autres régions du Manitoba.

De plus, la souche du virus des oreillons dans le vaccin nord-américain (Jeryl-Lynn) est de génotype A. Le remplacement du virus des oreillons de génotype A, à une époque où le vaccin n’existait pas, par le virus des oreillons de génotype G, actuellement endémique au Canada et aux États-Unis, pourrait également contribuer à la baisse de l’immunitéNote de bas de page 20.

Le nombre de complications signalées en lien avec cette éclosion d’orillons était faible, ce qui pourrait traduire des lacunes dans la surveillance de la santé publique, la voiture, l’étude des cas pourrait avoir été effectuée avant que les complications se manifestent. L’est possible que la vaccination précédente contre les oreillons ait conféré une certaine protection contre les maladies tombesNote de bas de page 21Note de bas de page 22. Étant donné que les complications étaient rarement signalées, il n’y a pas été possible d’analyser l’efficience du vaccin contre les complications graves liées aux oreillons.

limites

Les antécédents de vaccination de certaines personnes n’étaient pas disponibles dans le registre provincial d’immunisation. Il est donc possible que le taux de couverture vaccinale des cas d’orillons ait été supérieur. Le cas échéant, un faible taux de couverture vaccinale pourrait moins avoir contribué à cette éclosion que la baisse de l’immunité conférée par la vaccination. Dans une prochaine étude, l’équipe de recherche envisage la relation entre le moment où la dernière dose du vaccin contenant le virus des oreillons a été administrée et celui où la maladie des oreillons s’est manifestée.

conclusion

Un effort de santé publique important et soutenu a été nécessaire tout au long de cette éclosion, qui était déclaré chez les étudiants universitaires puis est propagée à toute la province. Il dissimule la nécessité d’attitudes et de maintenir des taux de couverture élevés dans la population, avec l’administration de deux doses du vaccin contenant le virus des oreillons. En raison de la baisse de l’immunité conférée par la vaccination, il est possible que la population compte encore un vaste groupe de personnes sensibles. La possibilité d’administrer une dose de vaccin contenant les virus des heures afin d’envisager l’avenir des études de stimulation de l’immunité conférée à la vaccination dans le cas des données épidémiologiques le justifiant.

Déclaration des auteurs

  • Y. W. – Conceptualisation, méthodologie, enquête, analyse formelle, rédaction – rédaction de la version préliminaire – révision et édition
  • K. W. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction – révision et édition
  • R. R. — Méthodologie, rédaction – révision et édition
  • K. K. — Méthodologie, rédaction – révision et édition
  • C. L. — Supervision, rédaction – révision et édition

Conflit d’intérêts

Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts potentiel.

Remerciements

Nous tenons à remercier les personnes suivantes pour leur contribution : N. Casaclang, D. Race, I. Hossack, T. Hilderman de Santé, Aînés et Vie active Manitoba; K. Dust du Laboratoire provincial de Cadham (Manitoba); D. MacDonald et M. Roy de l’Agence de la santé publique du Canada.

Financement

Aucun financement externe n’a été obtenu pour la réalisation de ce rapport.